Camp (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XV e siècle, d'abord dans l'expression lit de can, « lit pliant en usage dans les ements militaires ». Forme normanno-picarde ou provençale de champ, du latin campus.
1. Espace de terrain où une armée stationne pour s'y loger en ordre, ou pour s'y retrancher. Asseoir, dresser un . Monter les tentes, les baraquements du . Les quartiers du . Forcer les ennemis dans leur . Spécialt. Camp retranché, entouré d'une enceinte fortifiée ; place forte, entourée à une certaine distance d'une ceinture de forts. Le retranché de Verdun. Aide de , voir . Maréchal de , voir . Lit de , voir . Expr. Lever le , défaire l'installation du et se tenir prêt à partir avec les bagages. Fig. et fam. Partir en hâte, déguerpir. Voyant la police arriver, le voleur a levé le .
2. Armée ée ; les troupes installées dans un . Le était tranquille. Le se mutina. Donner l'alarme au . Anciennt. Camp volant, petit corps de troupes légères, surtout de cavalerie, qui suivait l'ennemi dans ses déplacements et le harcelait. Fig. et fam. Être, vivre en volant, n'être installé que de façon provisoire, sans domicile permanent. Par ext. Au pluriel. Les armées en général. Il a été élevé dans les s. Il a gardé les habitudes, le langage des s.
3. Terrain sur lequel on établit des installations durables ou permanentes. Un d'aviation, d'instruction. Spécialt. Ensemble d'équipements installés sur un terrain clos et surveillé, où l'on regroupe et enferme différentes catégories de population. Un de réfugiés. Camp de transit, abritant provisoirement des personnes qui attendent qu'un pays accepte de les accueillir. Un de prisonniers de guerre. Un d'internement. Un de déportés. Un de travail. Un de concentration, voir . Les s d'extermination nazis. Par méton. Tout le était rassemblé pour l'appel.
4. Terrain où des eurs, des sportifs s'installent provisoirement. Un de vacances. Le de base d'une équipe d'alpinistes, de spéléologues. Allumer un feu de , un feu autour duquel on se réunit pour une veillée amicale. Par méton. Un de scouts, un de louveteaux, les scouts, les louveteaux qui ent.
5. . Dans les sports collectifs, chaque moitié de terrain occupée et défendue par une équipe et, par méton., chaque équipe. La balle est dans le de l'adversaire, sur la partie de terrain qu'il occupe et, fig., dans une négociation, La balle est dans votre , c'est à vous de prendre des initiatives.


Chacun des deux groupes opposés de joueurs. Aux barres, on se forme en deux s. Jouer à la balle au .
6. Groupe organisé de personnes soutenant une même cause politique, religieuse, etc., contre un ou plusieurs groupes d'opinion contraire. Un pays divisé en deux s, en plusieurs s. Changer de , adopter des idées opposées à celles que l'on exprimait auparavant. Passer dans le adverse.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Espace de terrain où une armée dresse des tentes ou construit des baraques pour s'y loger en ordre ou pour s'y retrancher. "Camp retranché, fortifié. Dans tous les quartiers du . Il a mis, il a posé, assis son en tel endroit. La garde du . Se retrancher dans un . Il força les ennemis dans leur . Lever le ."
Il se prend aussi pour Armée ée. "Le était tranquille. Tout le fut alarmé. Donner l'alarme au ."
Par extension, il se dit quelquefois, au pluriel, des Armées en général. "Vivre dans les camps. Il fut élevé dans les s. Les habitudes des s."
"Camp volant," Petite armée composée surtout de cavalerie, qui tient la agne pour faire des courses sur les ennemis ou pour les observer. "Il commandait un volant." Fig. et fam., "Être en volant," N'être qu'en passant dans un endroit, y demeurer peu de temps sans y avoir son domicile.
"Camp de manoeuvres," Celui où l'on rassemble des troupes pour les instruire en les faisant manoeuvrer. "Le de Châlons."
"Aide de ." Voyez AIDE.
Il se dit par extension, en termes de Jeux, des Deux groupes opposés de joueurs. "Aux barres, à la paume, on se constitue en deux s."
Figurément, il se dit aussi d'un Parti politique, religieux ou autre. "Ce pays est partagé en deux s. Dans le de nos adversaires. Passer dans le ennemi."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Espace de terrain où une armée dresse ses tentes. Déterminer l'emplacement d'un , établir ou asseoir son . Il leva le sans bruit. Forcer le ennemi, s'emparer du de l'ennemi.
CORN.: « Rome est dans notre , et notre dans Rome »
    Familièrement. Lever le , partir, déguerpir.

 2   L'armée ée. Le prit les armes.
CORN.: « Abandonner mon en est un [crime] capital »
RAC.: « D'un prêt à partir vous entendez les cris »
RAC.: « Vois comme tout le s'oppose à notre fuite »
BOSSUET: « En son on ne connaît pas les vaines terreurs qui fatiguent et rebutent plus que les véritables »
    Mettre l'alarme au , donner l'alerte à une troupe ée ; et, figurément, inquiéter un parti, une coterie, etc.
LA FONT.: « Oh ! dit-il, j'en fais faire autant Qu'on m'en fait faire ! ma présence Effraye aussi les gens ! je mets l'alarme au ! Et d'où me vient cette vaillance ? »
    Camp volant, troupe légère qui tient la agne pour observer l'ennemi.
    Fig. Être en volant, n'être pas casé d'une manière définitive.
    Camp de manoeuvre, établi pour l'instruction des troupes.
    Lit de , petit lit qui se démonte et que l'on transporte où l'on veut.
SÉV.: « Je reviens aux petites choses, des toilettes, des lits de , des services de vaisselle de vermeil doré et d'argent [dons de Louis XIV pour l'expédition de Jacques II en Irlande] »
    En un autre sens, lit de , lit de corps de garde, c'est-à-dire plancher élevé et incliné, sur lequel on met des matelas, et où l'on couche l'un à côté de l'autre.

 3   Une armée quelconque.
RAC.: « J'ai rejoint de mon les restes séparés »

 4   Au plur. Armes, guerre. Homme plus utile dans les s. La vie des s.

 5   Fig. Parti, faction. Se partager en deux s. Il avait été dans notre . Nous nous sommes jetés dans le d'Aristote.
MASS.: « Il sépare sans balancer sa soeur du du Seigneur »

 6   Maréchal de , anciennement, maréchal des s et armées du roi, officier du grade immédiatement supérieur à celui de colonel ; aujourd'hui, maréchal de , général de brigade qui commande un département.
    Aide de , officier d'ordonnance attaché à un officier général.

 7   Lice, champ clos. Demander le . Donner le . Juge du .
    Familièrement. Prendre le , déguerpir.

 8   Dans certaines parties de l'Asie, quartier assigné aux étrangers qui viennent faire le commerce.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Ronc. 41: Servez le bien, l'onor dou aurez
    XVIème siècle
LANOUE: « Une heure après le partit »
LANOUE: « Le du roy se mit à le suyvre »
D'AUB.: « Il attendit que les fruicts et les raisins y eussent mis la maladie de »
D'AUB.: « Il lui envoia sur les bras un volant.... »
MONT.: « Quoi qu'on die, il n'y a pas aultre vaillance sur le pavé, et aultre au »

ÉTYMOLOGIE
    Prononciation picarde pour champ (voy. ce mot), laquelle a pris dans la langue commune une acception spéciale : ce qui est arrivé souvent.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE CAMP.
    1° Ajoutez : Camp retranché, destiné à protéger une place forte, ou à être occupé par une armée chargée de la défense d'une position importante.
    9° Néologisme. Un -volant, un homme qui est comme en volant, sans demeure fixe, un coureur, un vagabond.
A. THEURIET: « Je vous assure qu'on a heurté à la porte, reprit le jeune homme, qui s'était levé. - Sans doute quelque -volant qui prend ma maison pour une auberge.... sois tranquille, je vais l'expédier »

REMARQUE
    Le titre de maréchal de n'est plus usité. Il est d'après le texte des lois et règlements remplacé par celui de général de brigade. Le maréchal de (de même que le général de brigade qui lui a succédé) ne commandait pas toujours une brigade ou un département, par exemple dans les armes spéciales (état-major, artillerie, génie). C'était, comme est le général de brigade, un officier général dont le grade est supérieur à celui de colonel et inférieur à celui de général de division.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


L'espace de terrain où une armée dresse des tentes ou construit des baraques, pour s'y loger en ordre, ou pour s'y retrancher. "Camp retranché, ouvert, fortifié. Camp bien ordonné. Camp avantageux. Dans tous les quartiers du . Il a mis, il a posé, assis son en tel endroit. La tête, le front du . La garde du . Se retrancher dans un Il força les ennemis dans leur . Lever le ."
Il se prend aussi pour L'armée ée. "Le était tranquille. Tout le fut alarmé. Donner l'alarme au ."
Il se dit même quelquefois, au pluriel, Des armées en général. "Vivre dans les s. Il fut élevé dans les s. Les habitudes des s."
Prov. et fig., "L'alarme est au ," se dit en parlant De ce qui met tout d'un coup plusieurs personnes dans une grande inquiétude.
"Camp volant," Petite armée composée surtout de cavalerie, qui tient la agne pour faire des courses sur les ennemis ou pour les observer. "Il commandait un volant."
"Camp de manoeuvres," Celui où l'on rassemble des troupes pour les instruire en les faisant manoeuvrer. "Le de Compiègne, de Saint-Omer."
"Maréchal de ," Officier général dont le grade est immédiatement au-dessus de celui de colonel. Autrefois un maréchal de prenait le titre de "Maréchal des s et armées du roi."
"Aide de ," Officier attaché particulièrement à un chef militaire, à un général, et chargé surtout de porter ses ordres.
"Mestre de ," se disait autrefois d'Un colonel d'infanterie ou de cavalerie. "Mestre de général de la cavalerie." Voyez MESTRE DE CAMP, dans la lettre M.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Des lices où l'on faisait entrer des champions, pour y vider leur différend par les armes. Il ne s'emploie guère que dans ces phrases: "Demander le . Donner le . Juge du ."
Fam., "Prendre le ," Déguerpir, se retirer. "On lui fit prendre le ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Le lieu où une armée se loge en ordre. "Camp retranché, ouvert, fortifié. Camp bien ordonné. Camp avantageux. Dans tous les quartiers du . Il a mis, il a posé son camp. en tel endroit. À la tête du . La garde du . Se retrancher dans un camp. Fortifier un . Il força les ennemis dans leur . Lever le . On donna l'alarme au ".
On dit figurément, "L'alarme est aucamp, " pour dire, qu'On est en appréhension de quelque disgrâce, de quelque malheur.
Il se prend aussi pour l'Armée ée. "Le étoit tranquille. Tout le fut alarmé".
On appelle "Camp-volant," Une petite armée composée l'articulièrement de cavalerie, qui tient la agne, pour faire des courses sur les ennemis. "Il commande un -volant".
On appelle "Maréchal de ," Un Officier Général au - dessous du Lieutenant Général; "Aide de ," Un Officier destiné à porter les ordres du Général, ou d'un Officier Général; et "Mestre de ," Un Colonel de Cavalerie. "Mestre de Camp Général de la Cavalerie".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Camp, se dit aussi Des lices où l'on faisoit entrer les Champions, pour y vider leur différent par les armes. Il n'est guère d'usage qu'en ces phrases: "Demander le . Donner le . Juge du ".
On dit familièrem. "Prendre le ," pour, Déguerpir, se retirer. "On lui fit prendre le ".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Le lieu où une armée se loge en ordre. "Camp retranché, ouvert, fortifié. Camp bien ordonné. Camp avantageux. Dans tous les quartiers du . Il a mis, il a posé son en tel endroit. À la tête du . La garde du . Se retrancher dans un . Fortifier un . Il força les ennemis dans leur . Lever le . On donna l'alarme au ."
On dit figurément, "L'alarme est au ," pour dire, qu'On est en appréhension de quelque disgrace, de quelque malheur.
Il se prend aussi pour l'Armée ée. "Le étoit tranquille. Tout le fut alarmé."
On appelle "Camp-volant," Une petite armée composée particulièrement de cavalerie, qui tient la agne, pour faire des courses sur les ennemis. "Il commande un -volant."
On appelle "Maréchal de ," Un Officier Général au-dessous du Lieutenant Général. "Aide de ," Un Officier destiné à porter les ordres du Général, ou d'un Officier Général. Et "Mestre de ," Un Colonel de Cavalerie. "Mestre de Camp Général de la Cavalerie."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi des lices où l'on faisoit entrer les Champions, pour y vider leur différend par les armes. Il n'a guère d'usage qu'en ces phrases. "Demander le . Donner le . Juge du ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

[On ne pron. pas le "p": "Kan", long.] 1°. Le lieu, où une armée se loge en ordre. Fortifier un "camp;" se retrancher dans un "camp;" lever le "camp", etc.
- On dit figurément (st. famil.), l'"alarme est au ;" on est alarmé; on est dans l'apréhension de quelque malheur, de quelque disgrace.
- 2°. Il se dit de l'armée ée: '"Le " étoit tranquille: tout "le " fut alarmé.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Le lieu où une armée en corps se poste avec ordre. "Camp retranché, ouvert, fortifié. bien ordonné. avantageux. dans tous les quartiers du . il a mis, il a posé son en tel endroit. à la teste du . la garde du . il s'est retranché dans son . il força les ennemis dans leur camp. remuer son d'un endroit à un autre. lever le ".
On appelle, "Mestre de ," Un Colonel de Cavalerie. "Mestre de General de la Cavalerie legere, des Dragons" &c.
"Mareschal de ". Officier general au dessous des Lieutenants Generaux.
"Aide de ". Officier qui porte les ordres du General.
On appelle, "Camp-volant," Une petite armée composée particulierement de Cavalerie, qui tient la campagne pour faire des courses sur les ennemis. "Il commande un Camp-volant".
"Camp", Se dit aussi des lices où combattent deux particuliers, pour vuider leur differend. "Juge du camp". Il n'a guere d'usage qu'en cette phrase.




Emplacement dans le dictionnaire :

caméra-lucida
camerlingue
camion
camionnage
camionner
camisard
camisole
camomille
camoufler

campagnard
campagne
campagnol
campane
campanile
campanulé
campanule
campé
campe
campement
camper




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...fallait s'attendre, d'une heure à l'autre, à une de ces destinations-là. La semaine qui suivit fut une de ces périodes agitées comme on en traverse souvent dans les existences maritimes : vivre en camp volant à l'hôtel, dans le désordre des malles à moitié défaites, ignorant la route qu'on prendra demain ; s'occuper d'une quantité de choses, service au port et préparatifs de campagne ; -et puis...


Citation n°2 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...elle secouait la tête en le regardant avec une curiosité étonnée. -vous faire geler les membres l'hiver, vous faire manger par les mouches l'été, vivre dans une tente sur la neige ou dans un camp plein de trous par où le vent passe, vous aimez mieux cela que faire tout votre règne tranquillement sur une belle terre, là où il y a des magasins et des maisons. Voyons, un beau morceau de terrain...


Citation n°3 de Maurice BARRÈS (Le Voyage de Sparte)

...planches pourries sur lequel ouvrent leurs portes, sont pareilles à des bouches avides tournées vers le pèlerin qui grimpe péniblement. Elles crient famine et ne peuvent offrir qu'un chétif lit de camp, autour duquel rôdent la fièvre et la vermine. Peut-être, de cette dure misère naît-il une sorte de perfection. Tout ce qui doit pourrir est tombé ; ce qui subsiste prend un caractère éternel. Le châ...


Citation n°4 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...bonnet de police, leur cuiller d'ordonnance, leur cuiller d'étain, et, moyennant un rouble, des moujiks la remplissaient de vodka, amenée de loin en barils dans leurs traîneaux. Hors de la ville, le camp continuait. C'était la même suite de calèches, de cabriolets, de chariots, remplis de militaires engourdis entre les ballots, de blessés qui hurlaient sous leurs haillons. Je vis un homme qui ôtait...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici

Usage du mot

Ce graphique vous montre la manière dont ce mot a été utilisé à travers les âges.


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...